Laureline Mattiussi

Publié le 11 décembre 2013 par Eyvie dans Coups de Crayons | 985 views

Pour la sortie de La lionne 2 qui a eu lieu le 11 septembre,
voici une interview de Laureline Mattiussi !

la lionne

Peux-tu nous raconter ton parcours et comment tu as fait tes débuts en tant qu’illustratrice ?

Après un bac Arts Appliqués à Nancy, j’ai fais les Beaux-Arts d’Aix en Provence puis l’école de l’Image d’Angoulême pour la section BD. J’y ai rencontré d’autres étudiants –devenus aussi auteurs désormais -(Pipocolor, Mathieu Jiro, Yan Taillefer, Clément Baloup etc…) avec lesquels nous avons crée à l’époque un fanzine qui s’appelait La Maison qui Pue, et qui nous a permis de publier nos premiers travaux.

J’ai ensuite quitté Angoulême pour Bordeaux, fait une maîtrise sur La Nourriture dans l’Art, puis enseigné 3 ans comme professeur contractuel dans des lycées. Je faisais à l’époque beaucoup de collaboration dans des fanzines, mais pas de quoi gagner ma vie.

À la sortie de mon premier bouquin à La Boîte à Bulles, Petites Hontes Enfantines, j’ai décidé d’arrêter l’enseignement pour me lancer à l’aventure dans la BD. C’est à ce moment là que j’ai réalisé L’île au Poulailler, qui a été publié chez Treize Etrange/Glénat.

Laurline La Lionne

Quelles sont tes influences et tes artistes référents ?  

Il y en a beaucoup, et c’est toujours difficile de se lancer dans des listes à rallonge.

Pour rester dans le domaine de la BD et n’en citer qu’un tout petit nombre, j’aime bien évoquer Guido Buzzelli, parce qu’il est bien trop méconnu à l’heure actuelle alors que son œuvre est juste d’une puissance inouïe. D’ailleurs si vous n’avez jamais lu l’Agnone, HP ou La Guerre des ratés, courez vous les procurer, c’est génial ! Mais aussi Munoz, Reiser, De Crécy, David Prudhomme, Joe Daly, Anthony Pastor, et je viens de découvrir le travail de Simon Roussin que je trouve juste épatant. Mais il y en a un paquet d’autres, étant donné qu’il y a une sacrée quantité d’excellents auteurs. Et c’est toujours stimulant.

As-tu une technique de dessin particulière ? Quelle-est ta méthode de travail ?

J’ai longtemps travaillé à la couleur directe, puis totalement délaissé tout ça pour un travail en noir et blanc au pinceau et à la plume (mes albums sont mis en couleur par Isabelle Merlet, qui est une remarquable coloriste). D’ailleurs j’ai de plus en plus envie d’exploiter cet aspect là de mon travail, et mon prochain livre ne sera qu’en noir et blanc.

encredechine

noir et blanc

 

À travers tes dessins y a t-il un message que tu veux faire passer ou un état d’esprit ?

C’est plutôt qu’à regarder en arrière, je commence à entrapercevoir des fils conducteurs, des cohérences dans les thèmes que j’aborde, ou dans mes choix de collaboration. Et pas seulement en terme de dessin mais bien en terme  de récit, puisque j’ai aussi un travail d’écriture. Quand je n’écris pas je mets en scène, ce qui à mes yeux est aussi un travail d’écriture.
Il est difficile de résumer ça en quelques mots, mais disons qu’en écrivant sur des pirates dans l’Ile au Poulailler ou en collaborant avec Sol Hess sur La Lionne où il est question d’une plongée dans les bas-fonds de la Rome Antique, je m’aperçois qu’il y a du lien : Notamment, tandis que ces deux ouvrages sont bien des récits d’aventure, dans le choix de ne pas s’intéresser aux hauts fais d’armes ou à la gloire de l’Empire, mais plutôt aux sans-grades, aux personnages mis au banc de l’histoire, à une part d’ombre et de folie des humains, qui rend tout ça un peu plus fragile, subtil…et plus inquiétant…

Pour ce qui est du travail de dessin, je tente de plus en plus d’explorer la fragilité des corps, et une sensualité que je voudrais affranchie des stéréotypes.

Peux-tu nous parler de tes projets actuels ou futurs ? 

Je suis entrain de travailler sur l’adaptation de nouvelles de Carlos Salem, un excellent auteur de polar argentin qui vit à Madrid. Il y est question de bars enfumés, de femmes fortes et d’hommes pas bien sûrs d’en être fricotant avec leur part de désespoir, de pas mal de poésie, de beaucoup d’action, et d’un certain sens de la dérision aussi.

Illustration laureline

N’hésitez pas à aller faire un tour sur son blog !

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2 réponses à “Laureline Mattiussi”

  1. […] Cailleaux, Jean-Denis Pendanx, Dominique Bertail, Bruno Coq, Patrice Cablat, David Prudhomme, Laureline Mattiussi, Romuald Guilivo et Hervé Bourhis. Pour ceux qui ont un projet de résidence à […]

  2. […] Cailleaux, Jean-Denis Pendanx, Dominique Bertail, Bruno Coq, Patrice Cablat, David Prudhomme, Laureline Mattiussi, Romuald Guilivo et Hervé Bourhis. Pour ceux qui ont un projet de résidence à […]

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