Jérémie Almanza

Publié le 25 décembre 2013 par Eyvie dans Coups de Crayons | 3 716 views

Connaissez-vous la série Éco chez Métamorphose ?
Écrite par Guillaume Bianco et illustrée par Jérémie Almanza. Le tome 3 vient de sortir en clôturant la série et pour l’occasion, voici un petit interview !

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Peux-tu nous raconter ton parcours et comment tu as fait tes débuts en tant qu’illustrateur ?

Après mon Bac, j’ai suivi des études d’économie tout en jetant des regards avides vers les différentes écoles de dessin et d’animation. Il se trouve que je n’ai jamais bifurqué et je suis allé jusqu’au bout de mes études initiales. Avec grand regret ! En contrepartie, pendant ces années là, j’ai toujours dessiné avec plaisir et sans contrainte. Un jour, j’ai rencontré la merveilleuse Maya Mihindou, et on a créé un blog de dessin ensembles, nommé le placard a chocolat. C’est à ce moment là que j’ai décidé de travailler davantage mon dessin, d’y consacrer plus de temps. Ce sont les dessins postés sur le blog qui m’ont permis de rencontrer Séverine Gauthier, avec laquelle j’ai signé « Aristide broie du noir » peu de temps après.

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Quelles sont tes influences et tes artistes référents ?

C’est vraiment difficile de citer tous les auteurs qui m’influencent ou m’ont influencé, il y en a tellement. Étant petit, j’ai été extrêmement marqué par Max et les Maximonstres, comment énormément d’enfants. Puis en grandissant, je me suis mis à lire des bds et à l’époque j’étais fan de Franquin et Tome et Janry, dont j’essayais de reproduire les dessins. Puis adolescent, j’ai commencé a découvrir un paquet d’artistes, qu’ils viennent de la bd/manga ou du dessin animé : Loisel, puis Nicolas de Crécy, Taiyou Mastumoto, Koji Morimoto et j’en passe… Aujourd’hui, je pense principalement à Carlos Nine et Shigeru Mizuki.

On me parle souvent de Tim Burton mais un autre Tim a une influence considérable, c’est Tim Schafer, l’homme derrière Day of the tentacle et Grim Fandango, deux jeux vidéos aux univers graphiques extrêmement riches.

Comment le projet Éco est-il née ?

Eco est née de la rencontre complètement imprévue avec Guillaume Bianco. Tombant par hasard sur mes dessins, celui-ci me propose de m’écrire une histoire sur mesure. Je lui ai envoyé alors un bon paquet de dessins, toutes les images finies que j’avais sous la main mais aussi les brouillons divers, et les croquis de femmes a poil que je faisais en douce ! C’est bien sûr sur un de ces derniers que Guillaume a bloqué et il m’a brodé une ambitieuse histoire onirique autour de ce dessin.

Quelle est ta technique de dessin pour ce livre illustré ? Quelle-est ta méthode de travail ?

En gros, dessins au crayon, puis léger travail à l’aquarelle. Ensuite, je scanne le tout et retravaille les couleurs, les contrastes, sous photoshop. L’idée étant de tenter de concilier la chaleur et l’aléatoire du tradi, avec la précision du numérique.

Utilises-tu la même technique pour tous tes projets ?

Si la technique est restée globalement la même, elle a évolué au fil des ans. Aristide broie du noir coincidait avec le début de cette technique, un peu balbutiante. Puis le tome 1 d’Eco a été les peaufinage de cette technique. Du coup, j’ai tenté d’être plus expérimental sur le tome 2, utilisant davantage l’aquarelle. Cela ne se voit finalement pas trop car j’ai dû rester cohérent par rapport au tome 1. Sur Coeur de Pierre, j’ai testé un travail sur le trait que j’ai aussi appliqué sur le tome 3 d’Eco. Cela reste de petits changements mais ils sont bien présents !

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Quelle est le message que vous voulez faire passer à travers l’histoire d’Éco ?

En tant que dessinateur, je n’ai pas la prétention de faire passer un message mais par contre, je recherche l’immersion chez le lecteur. C’est pour cette raison que je travaille beaucoup sur l’ambiance, et la cohérence de l’univers, notamment la cohérence architecturale des lieux. Rien n’est placé au hasard, chaque placement d’objets, de maisons, d’arbre, ou de je ne sais quoi obéit à une certaine logique propre à l’univers. Et je suis peut être le seul à le savoir!

À travers tes dessins en général, y’a t’il un état d’esprit particulier que tu souhaites transmettre ?

C’est un peu malgré moi, mais j’ai tendance a aimer représenter des personnages seuls en proie à d’immenses décors. Cela rejoint la question précédente mais j’ai envie que les personnages paraissent insignifiants face à l’envergure du décor, qu’il subissent l’ambiance du lieu, et son histoire. Eux ne sont que de passage alors que le décor lui est planté depuis des millénaires. On retrouve un peu ça dans le tome 3 d’Eco : elle n’est que de passage dans cette Cité des Nuages, et le lieu, lui garde tout son mystère.

Et parallèlement, j’aime aussi les ambiances intimistes et tamisées, donnant le sentiment d’être à l’abri d’un extérieur hostile. C’est un peu la transposition plus imagée des ambiances hivernales ou automnales, lorsqu’on est bien au chaud chez soi et que dehors, la tempête gronde.

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Peux-tu nous parler de tes projets actuels ou futurs ?

Je travaille actuellement sur la mise en image du roman Pinocchio, pour la collection Métamorphoses. Pinocchio ayant été adapté un nombre infini de fois, il faut vraiment trouver un parti pris graphique fort et expérimenter. Et c’est très plaisant car il s’agit de réinterpréter tout un univers, de lui trouver une cohérence qui m’est propre. C’est très grisant mais pas évident en même temps !

 

Pour découvrir un peu plus son univers vous pouvez aller visiter son portfolio et son facebook !

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