Alice Deloule

Publié le 1 mai 2015 par Eyvie dans Coups de Crayons | 1 914 views

Alice Deloule, 44 ans, amoureuse de Sosthène et maman de Prune et André.
Je vis et travaille à Veigné, village tranquille à 10 Km de Tours en région Centre.
Je suis une bosseuse : je me lève tous les matins à 4h pour finir ma journée à 16h parce que c’est la sortie d’école.
Je n’ai pas trouvé une meilleure organisation pour satisfaire ma passion et ma vie de famille.
Évidemment, je me couche comme les poules à 21h30 le soir. Une vraie mémé !
J’aime bien être seule avec du monde autour, j’adore les granolas, mon piano, et n’arrive plus à m’arrêter de fumer.

caravane

Peux-tu nous raconter ton parcours et tes débuts en tant que maquettiste ?

Après une formation de bijouterie contemporaine, j’ai fais les Beaux Arts de Nîmes en orientant mon travail essentiellement sur la scénographie.

J’ai ma marque de bijoux « Les Capucines d’Alice » et ma boite coule en 2009 après 10 années d’activité indépendante. Se pose alors la question d’une reconversion intelligente : ne pas tout reprendre à zéro à 40 ans, profiter de mon savoir faire technique de bijoutier, rester dans le petit : la maquette s’impose assez facilement et c’est parti !

Quelles sont tes influences et tes artistes référents ?

Finalement, sur 44 années c’est un curieux mélange, c’est ça qui est bien !

Alors, en lecture :
Je remercie George Perros, Jean Genet, Gherasim  Lucas, Jane Austen, Elisabeth Brontë, Fiodor Dostoïevski, Tom tom et nana, Tintin, les polars…

En musique :
Je remercie Jean Sébastien Bach, Eric Satie, Ella Fitzgerald, Alain Bashung, Steve Reich et Philip Glass, ainsi, que Christine and The Queens et Philippe Jaroussky

Cinema :
Je remercie Jacques Tati, Tim Burton, Eric Rohmer, James Ivory, Maïwenn et aussi Alan Ball pour Six Feet Under et Alexandre Astier pour Kaamelott, Philippe Caubère et Paul Grimault pour Le Roi et l’oiseau

En Peinture :
Je remercie Bruegel, Vermeer, Cézanne, Bonnard, Vuillard, Calder pour son cirque, Robert Filliou, Giacometti, Absalon, Bern et Hilla Bicher, Les enluminures Persanes et celles du Moyen-âge, Wolfgang Laib, Ted Lott

À quels types de commandes réponds-tu ?

En créant mon entreprise il y a 2 ans et 3 mois, je pensais m’adresser aux designers, décorateurs d’intérieur et architectes, mais ma création à vite pris le dessus. Aujourd’hui, je ne réponds pas vraiment à des commandes, je vis surtout de ma production artistique. Je m’accorde le plaisir de travailler avec des gens que j’aime et dont j’admire le travail ou le projet. Que du bonheur.

Quelle est ta méthode de travail ? Y‘a t-il des étapes spécifiques à respecter ?

Dans le cadre de mes projets personnels (en dehors des rares commandes), je ne commence pas par des dessins ou plans préparatoires. Je fais confiance à la visualisation de l’espace que j’ai en tête, souvent construite à partir d’un élément déclencheur du processus créatif (mobilier, tableau, matériaux).

Comme dans un cahier de tendance, je compose l’ambiance que je souhaite raconter. C’est autour de ce «cabinet de curiosité » que les volumes, murs et ouvertures principaux vont s’organiser de façon évidente.

Tout est prétexte à sublimer une matière pour en faire un espace de vie habité.oeufL’œuf d’oie, espace de vie originel, provoque en moi l’envie de fragiliser cette matière qui l’est déjà et de l’habiter
d’un mobilier ou d’une maison, jouant ainsi sur les échelles de proportion.La coquille devient paysage ou matrice.point de vueLa malléabilité et la mémoire de forme du polycarbonate makrolon me donne envie de créer des échelles farfelues et insolites.Monts et merveillesLes tasses renversée en porcelaine non émaillée se transforment en colline de neige ou de sable sur lesquelles j’échafaude coûte que coûte des villages de papier.

Dernier exemple :

La consultation des revues de décoration d’intérieur me permet de constituer un répertoire d’images, sorte d’herbier coloré. Je les détourne, les recadre, les cisèle, les plie, les assemble pour composer les parures d’une collection d’architectures simples, comme les vêtements précieux d’une garde-robe, craquantes et coquettes.coquettesAinsi, mes maquettes explorent des typologies d’architectures. En faire des habitats sédentaires et cosys est un prétexte à leur mise en scène. Customisées, enrichies, habillés, meublées, ambiancées, je les habite dans les moindres détails, souvent modulables  pour ne pas en perdre une miette.

À travers tes créations y a t-il un message que tu veux faire passer ou un état d’esprit ?

Surtout pas de message, chacun y lira sa propre histoire. Mais nos vies sont trop rapides et bruyantes, alors je reviens toujours à cette image du refuge, de l’habitat tranquille, d’une pause. J’aime bien questionner ma banalité comme un empilement de petits détails, alors je m’accorde le luxe de prendre le temps qu’il faut. Le temps long pour fabriquer une maquette, le temps long pour se connaître, le temps long pour regarder mon travail. Tout ça n’est pas très tendance mais ce privilège me semble essentiel à revendiquer de nos jours. Finalement, nos petits riens sont essentiels.

Peux-tu nous parler de tes projets actuels ou futurs ?

Je continue ma recherche : faire du grand avec du petit, j’ai de plus en plus envie de créer des accumulations dont la silhouette et son ombre dessinerai une autre forme.

Jouer sur les deux dimensions : la sculpture dans le vide projetée sur le mur.
Jouer sur deux échelles : la petitesse de l’objet et son ombre étendue et déployée.

Et puis je commence à prospecter l’univers du film d’animation. J’aimerais bien collaborer avec des scénaristes : mes maquettes me semblent être un bon prétexte à scénario.

Nous sommes transportées… Et vous, enchantés ?
www.alicedeloule.com

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